Premier lieu de prospection, son sommet, à 1826 mètres d'altitude. Oh, nul besoin de cordes, de piolets ou de mousquetons, nul besoin non plus d'effectuer une longue grimpette sur des pentes parfois ardues et malaisées. Non, une petite départementale permet de franchir l'ubac à partir de la vallée du Jabron pour redescendre ensuite en adret vers Saint-Etienne-les-Orgues. Je me gare au col de la Graille, à 1597 mètres et entame ma petite balade vers le sommet. Ambiance tranquille de ciel bleu où s'égarent quelques cumulus presque transparents, soleil presque chaud, il fait bon. La montée est tranquille, d'autant plus que pas mal de corolles amies freinent ma modeste ascension. Je suis effaré par le nombre hallucinant et fou de tulipes méridionales, formant un nuage irréel jaune purpurin au-dessus des tapis de graminées encore en paille. Fleurs ouvertes en étoile quand le soleil les darde, s'allumant au sommet de tiges graciles. Cette tulipe entre dans le groupe sylvestris, elle constitue une sous-espèce facilement reconnaissable par ses tépales marqués de rouge sur la face inférieure. Autre espèce abondamment présente, l'orchis à feuilles de sureau. Subtilités de couleurs, panaches jaune pâle ou rose violacé peuplant là encore cette lande souvent venteuse et malmenée. Chandelles d'orchidées robustes mais parfois très petites, émergeant à peine du tapis de graminées. Des graminées que je regarde à peine, encore trop timides à émettre la moindre tige intéressante. En revanche, des petits épis de carex attirent mon regard. Utricules naissants, tiges et feuilles en bon état, une petite pause pour sortir la flore. Plante rhizomateuse avec des tiges filiformes et fragiles, des épis bisexués identiques, écailles brunes avec une carène verte, voici la laîche précoce, apparemment bien présente ici. Je décide d'accélérer un peu le mouvement vers le sommet et me met à suivre la ligne de crête.
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- Promenade en Oléron Curieuses et fascinantes Sérapias
Souvenirs d'ailleurs, la suite
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Comme à l'accoutumée je téléphonais aux parents de Pascal qui résident sur l'île, pour prendre des nouvelles d'amis de longue date bien sûr mais aussi pour prévoir quelques promenades dans les forêts et les dunes, passion que nous partageons sa maman et moi. Pendant notre conversation téléphonique, Danielle me dit : << Il faut absolument que je te montre quelque chose. J'ai trouvé des fleurs étranges près de chez nous. Je ne sais pas ce que c'est, il se peut que ce soit des orchidées… >>. Rendez-vous fut pris et je débarquais quelques jours plus tard avec flores, loupe et tout le matériel botanique nécessaire pour une détermination. D'un pas alerte nous nous dirigeâmes vers d'anciens marais salants qui font le charme de l'île, où l'on peut trouver encore, dans ce milieu mi-boueux, mi-salin, salicornes, cristemarines, fenouil sauvages, chou champêtre, lilas de mer et moult graminées entre autres.
C'était au cours d'un de mes séjours préférés de mai en Oléron, quand l'île est encore calme sans être désolée comme en hiver, que les jours sont longs avec un soleil réchauffant mais pas brûlant et quand Dame Nature est revêtue de ses plus beaux atours. Bref, une période idéale pour les promenades et pour botaniser tout à son aise.
A ma droite, la forêt bascule dans l'ubac, domaine d'ombres et de mystères. Sans trop m'y aventurer, je note sous les hêtres quelques touffes de gesse printanière associées à des tiges folles de renoncules à feuilles d'aconit. Un peu plus loin, je trouve d'autres tiges plus raides, plus aristocrates, bien qu'encore non fleuries. Il s'agit du lis martagon, typique des forêts fraîches de montagne. Autres plantes familières de ces sous-bois, le gaillet des forêts et l'actée en épi, espèce également visible en Icaunie bien que rare. Je continue sans peiner l'ascension. La forêt s'estompe pour brutalement céder la place à un impressionnant pierrier.
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Et là, à l'ombre légère de quelques petits pins maritimes, un tapis de petites fleurs rougeâtres à la forme plus qu'étrange. Sur chaque tige grêle d'un vert pâle parfois striée de rouge avec des feuilles lancéolées d'un vert-tendre, une grappe de cinq à six petites fleurs formées d'un casque composé de trois parties allant du blanc cassé au beige, veiné de brun ou de rouge violacé, qui surmonte une langue en forme de cœur allongé, beige, rose ou rouge pourpre. Sans aucun doute, il s'agissait d'orchidées inconnues pour nous en Bourgogne car préférant les climats plus tempérés du sud ou de la côte atlantique. Il s'agissait d'un tapis de Serapias lingua L. et de quelques S erapias parviflora Parl., deux espèces rares et protégées, le Serapias parviflora étant d'ailleurs en voie de disparition. Nous sommes retournés l'année suivante, accompagnées de Pascal cette fois, qui était également en congé à cette période, et qui a pris quelques photos. Depuis cette époque, Pascal y est retourné plusieurs fois pour constater, hélas, que le milieu se refermait et que les sérapias disparaissaient. Martine Pommiès-Monnet
ure la belle. Lure la forte, Lure la douce. Vaste barre montagneuse s'étalant tout en longueur sur une trentaine de joyeux kilomètres. Prenant pied aux confins du plateau d'Albion, entre Drôme et Vaucluse, elle chemine ainsi jusqu'à Sisteron, porte de la Provence, et finit par s'incliner au passage de la Durance. Montagne insolite aussi, avec ses falaises abruptes et ses à-pics vertigineux assombris de hêtres et de mélèzes côté nord, avec ses pentes douces et ses moutonnements complices de chênes blancs côté sud.
- DE montagne en Provence, En mai dernier, j’avais la chance de passer quelques jours dans les Alpes de Haute-Provence. Terre de soleil, pays de lumière et de contrastes. Région aux mille visages, où fourmille des collines de lavandes et de cigales, où culminent de hauts sommets, secs et décharnés accueillant edelweiss et marmottes. Gros plan sur une journée de ciel bleu passée sur la montagne de Lure, où, définitivement insatiable, je me suis égoïstement enivré de corolles et d’air pur …
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